23/08/2004

La patronne, c'est elle! (23/08/2004)Dès son retour , Justi

La patronne, c'est elle! (23/08/2004)
Dès son retour , Justine Henin a joué en numéro 1 mondial

ENVOYÉ SPÉCIAL EN GRÈCE DAVID LEHAIRE

ATHÈNES Dans la nuit de samedi à dimanche, elle est arrivée vers 2h du matin à l'hôtel Titania. Où l'attendait une courte nuit au parfum de consécration. Peu lui importait de devoir prendre l'avion pour Bruxelles cinq heures plus tard. Sa médaille d'or, Justine Henin-Hardenne avait tenu à la partager avec ses amis.

Tous les athlètes belges et d'autres membres de la délégation venaient de lui réserver une belle sortie au village olympique. Champagne et pizza avaient constitué le menu d'une championne radieuse mais affamée. «Elle n'avait plus mangé depuis midi», précise l'une de ses voisines de chambre. Une chambre que Justine a donc quittée ce samedi soir, se promettant déjà de revivre pareille expérience dans quatre ans, à Pékin. D'ici là, beaucoup d'eau aura coulé sous les ponts de... New York où la meilleure joueuse du monde défendra, dans une semaine, son titre conquis l'an dernier à l'US Open contre Kim Clijsters. «La proximité du début du tournoi nous a obligés à ne pas trop faire la fête», s'excuse presque Carlos Rodriguez.

La Rochefortoise est, donc, bel et bien de retour au sommet de la hiérarchie mondiale. Alors qu'un doute planait sur son niveau de jeu à l'heure où elle décida de prendre part aux Jeux Olympiques après douze semaines d'absence, les certitudes affluent aujourd'hui au sujet de l'Ardennaise.

Solide dès le début du tournoi, elle est montée en puissance au fil des matches pour confirmer son excellente santé en signant une remontée dont elle a le secret contre Myskina en demi-finale. Dès le moment où elle a su enchaîner le lendemain face à Mauresmo en se montrant beaucoup plus régulière, il est apparu que la planète tennis doit plus que jamais compter avec le n°1 mondial.

Si on veut tenter une comparaison, on dirait que Henin exerce sur le tennis féminin la même domination que le faisait Pete Sampras chez les hommes. A peine est-elle débarrassée de ses ennuis de santé qu'elle montre qu'elle est bien la patronne du monde de la petite balle jaune. Contre Mauresmo, qui est quand même deuxième mondiale, elle a agi de la sorte. La qualité et la variété de ses coups ont fait tomber la Française qui n'a pas hésité à dire que «quand elle a un tel niveau de jeu, Justine est inaccessible». Beau compliment de la part de celle qui est sans doute la rivale ayant le plus d'arguments à faire valoir.

Avec du recul, on peut constater que la Rochefortoise a profité de ses affrontements contre Strycova et Vento-Kabchi pour reprendre ses marques. Face à l'Australienne Pratt, elle s'est mise à lâcher ses coups et à montrer qu'elle avait progressé au service. «C'est un aspect de mon jeu que nous avons pu travailler durant ma convalescence», lancera-t-elle. Quand sa première balle passe, elle peut s'en servir comme d'une arme «alors qu'avant c'était un système de défense», précise Rodriguez.

L'Argentin aura, comme tout le monde d'ailleurs, apprécié les ressources mentales de sa joueuse. Menée 5-1 dans le troisième set de sa demi-finale, Henin a fini par s'imposer, démontrant que son état d'esprit - tant décrié au début de sa carrière - constitue un atout considérable. En finale, contre Amélie Mauresmo qu'elle écarta sur un double 6-3, Justine aura donné la parole à cette phénoménale gamme de coups, plus purs les uns que les autres. Elle aura notamment laissé libre cours à ce revers qui en fait pâlir de jalousie toute la planète tennis.

A n'en point douter, la patronne, c'est toujours elle.

D. L.

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21:57 Écrit par jujufan | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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