10/01/2005

"Henin et Clijsters spectatrices de L'Open d'Australie" - dhnet.be

Henin et Clijsters spectatrices de l'Open d'Australie (10/01/2005)
© Photonews
La tenante du titre et la finaliste de l'édition 2004 ont définitivement renoncé à jouer sur les courts de Melbourne

SYDNEY Mardi dernier, à Saddlebrook, quand elle se livra à une ultime séance d'entraînement avant d'embarquer, deux heures plus tard, pour l'avion qui devait la mener à Sydney, Justine Henin était à des années-lumière d'imaginer que son séjour australien n'excéderait pas quelques jours. Or, aujourd'hui, la réalité, cruelle, est là: l'Open d'Australie, dont elle est la tenante du titre, c'est via son écran de télévision qu'elle est, désormais, condamnée à le suivre. La gêne au genou droit qu'elle ressentait très légèrement lors de sa préparation floridienne s'est effectivement muée en microfissure d'un os (le condyle fémoral), blessure qui va l'écarter des courts pour plusieurs semaines. «Depuis quelques jours, Justine sentait, en effet, une légère douleur au genou droit. Samedi, elle s'est entraînée sans le moindre problème pendant 45 minutes, puis sur un retour de service, elle a eu fort mal», a expliqué pour sa part Carlos Rodriguez, l'entraîneur de la jou- euse.

Immédiatement, elle a signifié son forfait pour le tournoi de Sydney qui débute ce lundi. Puis, guidée à la fois par la sagesse et par le verdict de l'examen au scanner passé dans un hôpital local, elle a informé Paul McNamee, le directeur de l'Open d'Australie, qu'elle ne viendrait pas à Melbourne, lundi prochain, pour défendre son titre. «Je suis si déçue de ne pouvoir jouer en Australie et défendre mes titres (NdlR: elle avait aussi remporté, l'année dernière, le tournoi de Sydney), ajoutera la Rochefortoise. Une déception d'autant plus forte que je me sentais en forme et vraiment prête à jouer après tous mes problèmes de l'an dernier. Mais parce que je ne m'étais pas entraînée beaucoup ces derniers mois, je savais qu'il existait un risque de blessure. Cette blessure est sans doute plus difficile à accepter que ce qui m'est arrivé l'an dernier (cytomégalovirus) parce que tout le reste est parfait et parce que je sentais que mon tennis s'améliorait.»

A la peine contre des... juniors!

Analyse que nous pouvons, en effet, confirmer. Au fil des jours passés à Saddlebrook, la Belge s'était effectivement réconciliée avec son tennis après avoir peiné à trouver ses marques. Ainsi, par deux fois, et alors qu'elle se mesurait aux actuels numéros 1 et 2 mondiaux dans la catégorie juniors, elle se fit battre assez sèchement. Mais après dix jours passés à accumuler à la fois les exercices techniques et physiques, toutes ses bonnes sensations semblaient être revenues, sa seule crainte se résumant, alors, dans un manque évident de compétition après une si longue absence. Absence qui va donc, hélas! encore se prolonger car on imagine mal que les examens médicaux qu'elle va (re)passer cette semaine en Belgique infirment les verdicts tombés ce week-end à Sydney. «C'est ennuyeux pour moi, c'est évident, a encore ajouté Justine Henin, mais je veux être prudente, ne pas me presser. Je reviens déjà de loin...»

De si loin que le tennis belge souffre de voir ses deux championnes fréquenter avec plus d'assuidité les salles d'attente des hôpitaux que la terre des exploits. Un genou droit qui fait des siennes pour l'une, un poignet gauche récalcitrant pour l'autre: il n'en faut pas plus pour que l'Open d'Australie, lundi, débute sans les deux joueuses qui, voici douze mois, avaient su faire fondre de plaisir le public de Melbourne et la Belgique entière. Mais soyons optimiste: Henin et Clijsters de retour sur le devant de la scène, ce n'est plus qu'une question de... temps!

SYDNEY Absente tant à Sydney qu'à Melbourne, Justine Henin va évidemment rétrograder dans la hiérarchie mondiale. Elle qui n'a donc plus joué en compétition depuis sa défaite en huitième de finale de l'US Open devrait, en effet, retomber, à la fin janvier, aux environs du 17e ou 18e rang mondial. Une chute qui pourrait d'ailleurs se prolonger si, comme c'est fort probable, elle doit aussi faire l'impasse sur les tournois programmés en février, en mars et en avril. Nul doute qu'à ces dates-là, c'est au-delà du Top 20 qu'on risque de retrouver celle qui, à Athènes encore, était classée numéro 1 mondial. Un classement qu'elle pourrait néanmoins... conserver si elle ne participe à aucun tournoi avant la date du 6 mars! Un règlement interne de la WTA précise, en effet, que toute joueuse blessée qui ne joue pas un match officiel pendant minimum six mois bénéficie d'un statut spécial lors de son retour sur les terrains. En fait, il s'agit du statut de tête de série protégée, statut qui permet donc à une joueuse ayant chuté au classement suite à une absence de plus de six mois d'hériter d'un classement fictif équivalent au classement qui était le sien lors de son dernier match officiel en tournoi, soit pour elle la première place mondiale. Faites les comptes: pour Justine Henin, ce serait donc le 6 mars, sachant que son dernier match officiel remonte au 6 septembre, lors de l'US Open. En clair, cela signifie que si la Belge ne renoue avec la compétition officielle qu'au-delà du 6 mars, à partir de cette date, elle entrerait dans les tournois comme tête de série, ce qui lui épargnera toute confrontation précoce avec les joueuses mieux classées qu'elle. A quand, dès lors, son retour officiel? Si c'est à la mi-mars, ce sera sur surface dure et sur le sol américain. Sinon, il faudra patienter jusqu'en avril, et l'ouverture de la saison sur terre battue...

La microfissure d'un os au niveau du genou dont vient d'être victime Justine Henin-Hardenne constitue d'évidence un coup dur supplémentaire dans une période de galère qui dure depuis neuf mois maintenant. Atteinte d'une infection virale de type cytomégalovirus au printemps dernier, la Namuroise avait passé la majeure partie de son année 2004 à se morfondre chez elle, à Wépion, dans l'attente de pouvoir enfin retrouver le chemin des courts. Eliminée dès le deuxième tour à Roland-Garros, forfait à Wimbledon, elle eut comme seul rayon de soleil la conquête de la médaille d'or aux Jeux Olympiques d'Athènes, avant de connaître une nouvelle désillusion sous la forme d'une défaite en huitièmes de finale à l'US Open qui la poussa à mettre un terme à sa saison. Retombée au huitième rang mondial, elle piaffait d'impatience à l'idée de revenir à la compétition. La voilà une nouvelle fois obligée de faire preuve de patience.

S.F.

© Les Sports 2005

Philippe Lacourt

© Les Sports 2005

Source: www.dhnet.be


20:56 Écrit par jujufan | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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