13/01/2005

"Les travaux forcés de Justine Henin" - lalibre.be

Tennis

Les travaux forcés de Justine Henin
PHILIPPE LACOURT

Mis en ligne le 11/01/2005
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C'est à Saddlebrook, en Floride, que Justine Henin-Hardenne était allée préparer sa rentrée.
La Rochefortoise y a maintenant ses repères.

D.R.

ENVOYÉ SPÉCIAL À SADDLEBROOK

A bout de souffle, la chemisette détrempée et le regard vidé, Justine Henin crie grâce. Depuis nonante minutes, sous le regard désintéressé des alligators qui sommeillent au bord des lagons avoisinants, notre championne multiplie les exercices spécifiques inventés par Pat Etcheberry, son préparateur physique. A la voir, là, frapper avec énergie dans une balle invisible lancée virtuellement par son coach, on a du mal à imaginer qu'elle puisse souffrir, comme elle l'a affirmé le week-end dernier, d'une gêne au niveau du genou droit. Sinon, comment aurait-elle fait pour survivre aux supplices que ses proches lui ont imposés depuis plus de dix jours, date de son arrivée à Saddlebrook, un lieu aussi mythique que celui de Bolletieri pour ceux qui apprécient le tennis agressif?

10 à 12 semaines par an

«En fait, j'ai découvert cet endroit en avril 2002! confie Justine Henin. Immédiatement, j'y ai eu mes repères car ce «resort» a l'immense avantage de regrouper, dans un même lieu, tous les ingrédients qui servent à la préparation des sportifs d'élite. Ici, non seulement je peux choisir la surface du terrain sur laquelle je veux m'entraîner, mais j'ai également à ma disposition un centre de fitness à la pointe, une portion de sable mou dans laquelle je travaille des démarrages, sans oublier tout un environnement qui marie à la fois la notion de travail et de plaisir.»

Saddlebrook, Justine Henin y passe désormais entre dix à douze semaines par an. Des semaines où, comme ce fut encore le cas cette fois-ci, elle alterne les séances sur et en dehors du terrain. Face à Mark Forster, 200e joueur mondial, le sparring-partner attitré mis à sa disposition, elle répète ses gammes techniques sur un rythme endiablé.

Revers, coups droits, volées courtes ou longues, retours de service et déplacements latéraux, toute la gamme technique est vue et revue au quotidien sous un soleil qui n'offre aucun pardon.

A croire que le mérite de la Rochefortoise se comptabilise au nombre des gouttes, grosses comme son pouce, qui perlent sur son faciès émacié. Mais qu'écrire, alors, de la véritable séance de torture qui l'attend au coucher du soleil! Priée de slalomer entre des cônes comme un membre de l'équipe d'Autriche de ski alpin, invitée à s'échapper de la ligne de fond alors qu'elle est retenue à la taille par un puissant élastique, condamnée à affronter son... mari au lancer du «medecine ball», rien de ce qui peut accélérer sa préparation ne lui est épargné.

«Pat Etcheberry m'a donné les bases sur lesquelles, désormais, je peux compter! affirme Justine Henin. Aujourd'hui, rien ne m'effraie physiquement après avoir travaillé avec lui. Et puis, ici, à Saddlebrook, chaque endroit suinte la volonté de se dépasser. Aux murs, il n'y a pas de posters des stars qui sont passées par cet endroit, mais la présence de leurs esprits, néanmoins, est très perceptible. C'est ce qui vous pousse vraiment à souffrir pour vous hisser sur les marches qui les ont toutes menées à la gloire.»

Une gloire qui est devenue la sienne. Car si, à Saddlebrook, Justine Henin peut se promener partout sans que personne ne songe à la déranger, on devine dans le regard des autres joueurs l'admiration qu'ils vouent à celle qui, pour eux, est plus que jamais «the number one in the world»...

© Les Sports 2005


Source: www.lalibre.be

20:50 Écrit par jujufan | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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